|
Cette expérience a conduit deux étudiants de l'École de criminologie de l'Université de Montréal à élaborer un projet semblable. L'objectif initial étant, lorsque la médiation directe avec la victime est impossible, faire réaliser les travaux communautaires au sein d'un organisme d'accueil, réparant ainsi le préjudice subi à la société.
Le BCJ parraine le programme et la direction de la protection de la jeunesse du Centre des services sociaux Montréal métropolitain approuvent l'idée d'un projet pilote de trois ans. En juin 1980, avec l'appui de cinq bailleurs de fonds, le programme de travaux communautaires débute. Ce projet devait principalement, après ajustements, permettre au jeune ayant commis une infraction de réparer son geste en prenant conscience du préjudice causé par son comportement et amener la communauté par l'intermédiaire d'organismes à but non lucratif à s'impliquer dans la démarche du jeune. Pendant que se déroulait cette expérience, d'autres projets semblables voyaient le jour en 1981 dans les différentes régions du Québec comme à Victoriaville, Québec, Gatineau, Delson, St-Jean-sur-le-Richelieu ainsi qu'à Trois-Rivières en 1983.
Pendant que se multiplient de tels organismes, la législation concernant la justice des mineurs connaît d'importants changements. La loi de 1908 devenue désuète est remplacée par la Loi sur les jeunes contrevenants en 1984. Avec l'élaboration de la Loi sur les jeunes contrevenants et du Programme de mesures de rechange, les différentes instances gouvernementales se trouvent à venir entériner la pertinence des mesures développées par l'équipe de Travaux communautaires jeunesse de Montréal et ses émules. Fruit de cette reconnaissance, le programme de mesures de rechange prévoit la possibilité pour le directeur provincial de s'adjoindre des collaborateurs pour la mise en oeuvre de ces mesures. C'est ainsi que les organismes ayant développés de tels services sont accrédités, accélérant du même coup leur développement à l'échelle du Québec. Appelés d'abord Programme de travaux communautaires, ils ont été connus ensuite sous les noms d'organismes référents, organismes orienteurs et depuis peu, ils sont devenus des organismes de justice alternative.
Au cours des années, l'intervention a évolué développant outre les travaux communautaires (objectif de réparation), des mesures d'améliorations d'aptitudes sociales (objectif de réhabilitation) et des mesures de conciliation jeune-victime afin de faire une place aux victimes dans le processus.
Encore un peu d'histoire
|
|